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Le ssh pour tous les utilisateurs sur les NAS Synology

Deuxième article sur mon NAS Synology DS411j, cette fois ci simplement pour passer outre une limitation mise en place par Synology : l’accès en ssh est réservé à l’utilisateur root (ou admin).

Cette limitation a sans doute du être mise en place dans un souci de simplicité pour le grand public, limitant ainsi l’accès au propriétaire du NAS, qui est supposé savoir ce qu’il fait s’il a activé l’accès ssh.

Cependant, cette limitation pose 2 problèmes :
– Tout d’abord, il est déconseillé d’activer l’accès ssh en root à une machine GNU/Linux, pour des raisons de sécurité. Cette limitation va complètement à l’encontre de ce principe élémentaire.
– En plus, dans l’optique de l’utilisation de rsync sur le protocole ssh, ce que je veux mettre en place pour mon futur système de sauvegarde (ça fera l’objet d’un autre article), il faut absolument que chaque utilisateur ait un accès ssh au NAS

La procédure n’est pas très compliquée, mais il faut faire attention à ce que l’on fait car on peut très vite tout casser (et ne plus pouvoir se connecter en ssh du tout par exemple…).

1) Créer un utilisateur ordinaire depuis l’interface web du NAS.

Appelons le julien dans la suite. Je l’ai configuré pour appartenir au groupe « users ».

2) Se connecter en root au NAS.

Il faut bien sûr activer le service ssh au préalable, par l’interface web du NAS. Je conseille d’également activer le telnet pour la durée des manipulations décrites ici, cela permettra un accès de secours au NAS si on casse le SSH…
Pour se connecter en ssh, c’est comme toujours, depuis un terminal Linux :

ssh root@ip.de.votre.nas

Le mot de passe est le même que celui de l’administrateur dans l’interface web.

3) Créer le profil de l’utilisateur.

Je conseille la création d’un dossier /volume1/users/ avec dans ce dossier un dossier par utilisateur « standard », qui permettra de mettre tout ce qui est administration des utilisateurs dans ce dossier et non pas dans /volume1/homes/ car ce dossier sera accessible directement par le navigateur de fichier de l’interface web (FileStation). Les fichiers « d’administration » de l’utilisateur (le .profile en l’occurrence) y seront visibles. Cependant, si vous préférez, vous pouvez vous passer de ce nouveau dossier et utiliser /volume1/homes/.
Ensuite, il faut créer (dans le dossier /volume1/users/julien donc) le fichier .profile de julien, sur la base de celui de root.
C’est parti :

mkdir /volume1/users
mkdir /volume1/users/julien
cp /root/.profile /volume1/users/julien
chown -R julien:users /volume1/users/julien/
vi /volume1/users/julien/.profile

Changer la ligne suivante :

HOME=/root

Par celle-ci :

HOME=/volume1/homes/julien

4) Adapter le fichier /etc/passwd.

Sauvegarder le fichier /etc/passwd original et adapter sa copie :

cp /etc/passwd /etc/passwd.sauv
vi /etc/passwd

Modifier la ligne suivante (elle peut varier légèrement chez vous) :

julien:x:1026:100::/var/services/homes/julien:/sbin/nologin

Pour cette ligne là :

julien:x:1026:100::/volume1/users/julien:/bin/sh

Le dossier « /volume1/users/julien » indique le dossier dans lequel se placer quand l’utilisateur se connecte. C’est aussi dans ce dossier que sera cherché le fichier .profile, pensez donc à adapter ce dossier si vous avez mis votre .profile ailleurs.

5.a) Configurer la lecture du .profile du nouvel utilisateur

Ici, il y a 2 cas de figures.

– Vous avez choisi de n’avoir qu’un seul dossier pour l’utilisateur (/volume1/homes/julien à priori) et le fait de voir le fichier .profile trainer dans l’interface de FileStation ne vous gène pas : passez à l’étape 6).

– Vous avez choisi de suivre ma configuration, avec un dossier « technique » (/volume1/users/julien), dans lequel vous avez mis le .profile, et un dossier « utilisateur » (/volume1/homes/julien) : il faut bidouiller un peu pour s’en sortir. Si vous voulez juste appliquer ce que je dis sans trop comprendre le problème, passez au 5.b).

Sinon je vous explique le problème : il faut que le fichier .profile ne soit pas dans le dossier de connexion de l’utilisateur (configuré dans le /etc/passwd). En effet, FileStation utilise le dossier configuré dans /etc/passwd comme dossier « racine » pour l’utilisateur et on fini par tourner en rond :

– soit on a /volume1/users/julien/ dans /etc/passwd et lors de la connexion en ssh tout se passe bien, le fichier .profile est pris en compte mais dans FileStation on se retrouve aussi dans ce dossier /volume1/users/julien/ alors qu’on voulait être dans /volume1/homes/julien/ (et en plus on voit le fichier .profile du coup ^^ )

– soit on a /volume1/homes/julien/ dans /etc/passwd et on est au bon endroit dans FileStation, mais à la connexion en ssh le .profile sera cherché dans /volume1/homes/julien/, ne sera pas trouvé, et le profile par défaut sera appliqué. On sera bien connecté dans /volume1/homes/julien/ mais la variable $HOME vaudra par exemple « /root », ce qui fait que lorsqu’on passe la commande suivante, on n’a pas vraiment le résultat espéré :

julien@linux:~$ ssh julien@ip.de.votre.nas
julien@ip.de.votre.nas\'s password:


BusyBox v1.16.1 (2010-10-23 01:00:23 CST) built-in shell (ash)
Enter 'help' for a list of built-in commands.

Discovery> pwd
/volume1/homes/julien
Discovery> cd
Discovery> pwd
/root
Discovery>

Inattendu hein? :p
L’astuce consiste en fait à modifier le fichier de profile par défaut : /etc/profile. J’explique cela dans le paragraphe suivant.

5.b) Modifier le fichier /etc/profile

Au final, nous voulons donc avoir le dossier /volume1/homes/julien/ comme dossier de connexion par défaut, aussi bien pour le ssh que pour FileStation, tout en prenant en compte le fichier de profile /volume1/users/julien/.profile.
Cela se fait en modifiant le fichier /etc/profile de la manière suivante (ajout des 3 dernières lignes) :

#/etc/profile: system-wide .profile file for ash.
PATH="$PATH:/bin:/sbin:/usr/bin:/usr/sbin:/usr/syno/bin:/usr/syno/sbin:/usr/local/bin:/usr/local/sbin"
umask 022
#This fixes the backspace when telnetting in.
#if [ "$TERM" != "linux" ]; then
#        stty erase
#fi
PGDATA=/var/service/pgsql
export PATH PGDATA
HOME=/root
export HOME
TERM=${TERM:-cons25}
export TERM
PAGER=more
export PAGER
PS1="`hostname`> "
alias dir="ls -al"
alias ll="ls -la"
ulimit -c unlimited
PATH=/opt/bin:/opt/sbin:$PATH
if [ -f "/volume1/users/$USER/.profile" ]; then
. "/volume1/users/$USER/.profile"
fi

6) Vérifier la bonne configuration de l’utilisateur.

Exécuter les commandes suivantes :

NAS> whoami
root
NAS> cd /
NAS> pwd
/
NAS> su - julien


BusyBox v1.16.1 (2010-10-23 01:00:23 CST) built-in shell (ash)
Enter 'help' for a list of built-in commands.

NAS> whoami
julien
NAS> pwd
/volume1/users/julien
NAS> echo $HOME
/volume1/homes/julien
NAS> cd
NAS> pwd
/volume1/homes/julien
NAS> exit
NAS> pwd
/
NAS>

Le résultat de toutes ces commandes est très important. La seule chose qui doit changer chez vous est « julien ». Vous remarquerez que comme le dossier de connexion configuré (/volume1/users/julien) est différent de la valeur attribuée à la variable $HOME à l’étape 3 (/volume1/homes/julien), la commande cd ne nous met pas dans notre répertoire de connexion, mais bien dans notre home. Vous pouvez bien sur mettre un autre dossier dans $HOME à l’étape 3 (comme le dossier /volume1/users/julien, je ne l’ai pas fait parce que je veux garder ce dossier strictement administratif).

7) Configurer sshd.

Commencer par sauvegarder la configuration originale :

cp -p /etc/ssh/sshd_config /etc/ssh/sshd_config.sauv

Puis adapter la configuration à votre convenance. Les points essentiels sont les suivants :
– Changer la ligne « #Protocol 2,1″ pour « Protocol 2″ (désactivation de ssh v1) si ce n’est pas fait
– Changer la ligne « #PermitRootLogin yes » pour « PermitRootLogin no » pour interdire la connexion en ssh de root (conseillé d’un point de vue sécurité, je ne l’ai pas fait pour des raisons pratiques pour le moment)

Vous pouvez également adapter les 2 lignes suivantes en fonction de ce qui vous parait raisonnable d’un point de vue sécurité :
– « #LoginGraceTime 2m » (par défaut, 2 minutes) : Le serveur se déconnecte après ce délai si l’utilisateur ne s’est pas connecté. Si la valeur est 0, il n’y a aucune limite de temps.
– « #MaxAuthTries 6″ (par défaut, 6 essais) : Nombre maximum d’essais de mot de passe pour la connexion.
– Pour les autre options : « man ssh » dans google =)

8) Redémarrer le démon sshd.

Avant de redémarrer sshd, je vous conseille encore une fois d’activer (provisoirement si vous voulez) le telnet sur votre NAS.
Le démon sshd peut être redémarré de plusieurs manières. La plus simple est de désactiver puis de réactiver le service ssh dans l’interface web. Déconnectez vous avant de faire ça. Sinon, vous pouvez utiliser la commande suivante :

/usr/syno/etc.defaults/rc.d/S95sshd.sh

Ou alors, plus brutal, vous pouvez éteindre et rallumer votre NAS.

9) Tester que ça fonctionne!

Se connecter en tant que julien pour voir si ça fonctionne, depuis votre poste Linux :

ssh julien@ip.de.votre.nas

Si vous avez bien tout suivi, ça devrait fonctionner. Sinon, vous pouvez toujours tenter de me poser une question, je ferai ce que je peux pour vous aider…

Attention

J’ai vu sur le net que le fait de modifier les caractéristique des utilisateurs pour lesquels on a activé le ssh par l’interface web remettait la configuration par défaut et que du coup le ssh ne fonctionnait plus. Si c’est le cas, il vous suffit de ré-appliquer la procédure ci-dessus, ça devrait fonctionner. Au pire, faites les manips en vous connectant via telnet en root. Cela dit, je n’ai pas encore essayé ceci. Synology a peut-être corrigé ce problème maintenant.

Sources utilisées pour cet article

http://bernhard.hensler.net/blog/synology-enable-ssh-user-login-other-than-root/
http://www.delafond.org/traducmanfr/man/man1/ssh.1.html
http://unixhelp.ed.ac.uk/CGI/man-cgi?ssh+1